Tuesday 26 May 2026

Bunia · Ituri · RDC

Atelier provincial de validation des infrastructures communautaires et des critères de sélection des bénéficiaires HIMO à Bunia

Cet article fait partie de notre couverture éditoriale continue de l’Ituri et de l’Est de la RDC.

Bunia, le 22 mai 2026 – Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Renforcement de la coopération transfrontalière, de la stabilisation et de la résilience des zones frontalières entre la RDC et l’Ouganda » (Code Projet : CS1411), l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), en collaboration avec ses partenaires institutionnels, a organisé à Bunia un atelier provincial consacré à la validation des infrastructures communautaires à réhabiliter ainsi qu’à l’harmonisation des critères de sélection des bénéficiaires des travaux à Haute Intensité de Main-d’Œuvre (HIMO).

Cet atelier s’inscrit dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République Démocratique du Congo, ayant entraîné d’importants déplacements de populations et fragilisé les moyens de subsistance des communautés frontalières avec l’Ouganda. Face à ces défis, le projet Borderlands vise à renforcer la résilience communautaire, promouvoir la cohésion sociale et soutenir la stabilisation des territoires affectés.

Réunissant les représentants du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), les membres du comité provincial de pilotage, les administrateurs des territoires, les représentants communautaires, les services techniques tels que l’OVDA (Office des Voies de Desserte Agricole), ainsi que les organisations partenaires, l’atelier a servi de cadre de concertation pour consolider les résultats des consultations communautaires menées entre février et mars 2026 dans les territoires de Djugu, Irumu, Mahagi et Aru.

À travers ces consultations participatives, les communautés locales avaient identifié leurs besoins prioritaires en infrastructures de base et formulé des propositions de critères locaux de vulnérabilité destinés à orienter la sélection des bénéficiaires des activités HIMO. L’atelier provincial de Bunia a permis d’examiner, de hiérarchiser et de valider ces propositions dans une approche participative et sensible aux conflits.

L’atelier de validation a été lancé par le représentant du Gouverneur de la province, Monsieur NGADJOLE LONEMA AMOOTI Dieudonné, Secrétaire exécutif. Il a rappelé que le projet Borderlands arrive à point nommé, car dit-il constitue une réponse concrète aux besoins exprimés par les communautés elles-mêmes, en privilégiant une approche participative, inclusive et sensible aux conflits. Les consultations communautaires menées dans les territoires concernés ont permis d’identifier des priorités réelles et d’écouter directement les aspirations des populations. Il encourage ainsi les participants à privilégier un esprit de dialogue, de responsabilité et d’intérêt général. Les décisions qui sortiront de cet atelier devront refléter l’équilibre territorial, la faisabilité technique, l’impact socioéconomique, mais aussi la contribution des investissements à la paix et à la cohésion sociale.

« Le gouvernement provincial de l’Ituri réaffirme son engagement à accompagner toute initiative qui contribue au développement local, à la paix durable et à la résilience des communautés frontalières », a-t-il précisé pour marquer l’implication du gouvernement.

Dans son mot d’ouverture, l’OIM a rappelé l’importance de cette activité comme étape essentielle pour assurer la transparence, l’équité et l’appropriation communautaire du projet. À travers cette initiative, l’OIM réaffirme son engagement à contribuer à la réduction des vulnérabilités dans les zones frontalières affectées par les dynamiques de déplacement, les fragilités sécuritaires et les défis socioéconomiques persistants, en promouvant des approches intégrées qui renforcent les moyens de subsistance, la cohésion sociale et les dynamiques locales de résilience.

 Les participants ont également été sensibilisés à la nécessité d’éviter les tensions intercommunautaires à travers des choix inclusifs et consensuels des infrastructures à réhabiliter.

Les travaux ont été organisés autour de sessions plénières et de groupes de travail thématiques. Les discussions ont porté notamment sur la validation des infrastructures prioritaires proposées par territoire, leur hiérarchisation selon des critères tels que l’accessibilité aux services, la sécurité, la faisabilité technique et le potentiel économique transfrontalier. Une attention particulière a également été accordée à l’harmonisation des critères de sélection des bénéficiaires HIMO afin de garantir une inclusion effective des jeunes vulnérables, des personnes déplacées internes (PDI), des victimes de conflits et de violences basées sur le genre (VBG), des ex-combattants ainsi que des personnes vivant avec handicap.

L’atelier a également permis d’anticiper les défis opérationnels liés à la mise en œuvre des travaux HIMO, notamment les questions de sécurité, les contraintes budgétaires et les risques de tensions autour du choix des infrastructures. Les participants ont formulé des recommandations concrètes visant à améliorer la planification des interventions, l’approvisionnement local et la coordination entre les différents acteurs impliqués.

À l’issue des échanges, les infrastructures communautaires prioritaires ont été validées et hiérarchisées par territoire.

Dans le territoire de Djugu (Tchomia), la première priorité porte sur la réhabilitation de la route de desserte agricole Nyamusasi–Nyamamba ainsi que du pont Mita ; la deuxième priorité concerne l’appui à la radio communautaire ; et la troisième priorité est la construction du centre de santé de Nana/Tcheya.

Pour le territoire d’Irumu (Kasenyi), la première priorité est la réhabilitation des routes de desserte agricole Kasenyi Centre–Mutchanga–Port et Kasenyi centre–Marché–lieutenant général Luboya ; la deuxième priorité concerne la construction de la clôture du stade de Kasenyi ; et la troisième priorité porte sur la réalisation d’un forage d’eau, d’un hangar et d’un bloc de latrines.

Dans le territoire de Mahagi, la première priorité est la réhabilitation des routes de desserte agricole Gbado–Guna–Angola et Uguro–Kudikoka jusqu’au marché Démocratie ; la deuxième priorité concerne la construction d’un marché transfrontalier à Awasi avec latrines et point d’eau ; et la troisième priorité porte sur la construction du poste frontalier de la DGM à Ambere.

Enfin, dans le territoire d’Aru, la première priorité concerne la réhabilitation des routes de desserte agricole structurantes (notamment Essefé–Odranyiri–Liri–Mandjiriko, Essefé–Odranyiri–Leri–Tendele–Odraka–Liyo et Vurra–Station–Angiria–Eru–Atekule–Essefé) ; la deuxième priorité porte sur la construction des ponts d’Aru et d’Okini ; et la troisième priorité concerne la construction du marché Démocratie.

Par ailleurs, un cadre harmonisé de critères de sélection des bénéficiaires HIMO a été adopté. Un procès-verbal de validation a été signé par les parties prenantes, marquant ainsi une avancée importante vers la phase opérationnelle du projet.

Par cette initiative, l’OIM réaffirme son engagement à accompagner les communautés frontalières de l’Ituri dans leurs efforts de stabilisation, de relèvement économique et de renforcement de la cohésion sociale à travers des interventions participatives et inclusives.

À lire ensuite

Sur le même sujet